D’une nécessité à la passion : Ma part d’édifice pour la jeunesse malgache

16 jours d’activisme 2023 : investir en la jeunesse pour prévenir les Violences Basées sur le Genre

Dans un pays constitué majoritairement de jeunes, avec 64% de citoyens âgés de moins de 25 ans (RGPH 2018), la voix de la jeunesse dans la lutte contre les Violences Basées sur le Genre doit résonner de plus en plus fort à Madagascar. Croyant fermement au pouvoir des jeunes dans le changement et dans la construction d’un monde plus égalitaire et exempt de violence, l’ONG Youth First a commémoré cette année la campagne mondiale des 16 jours d’activisme contre les Violences Basées sur le Genre en mettant les jeunes au cœur de la célébration.

#YouthAgainstGBV : la jeunesse contre les Violences Basées sur le Genre

C’est le slogan et l’hashtag véhiculés par l’organisation pour les 16 jours d’activisme pour amplifier la voix des jeunes et partager leur engagement dans la lutte contre les VBG. Les jeunes sont reconnus comme étant parmi les principales victimes des Violences Basées sur le Genre. Mais loin d’être seulement que des simples victimes, les jeunes jouent un rôle catalyseur dans la lutte contre ce fléau. Véritable force de changement et dotant d’une énorme capacité à remettre en question les pratiques, les mentalités et les normes sociales et culturelles malgaches néfastes tendant à favoriser les VBG, les jeunes doivent plus que jamais être en première ligne pour la construction d’une société plus inclusive où chacun peut vivre sans crainte.

Mais malgré leur détermination, les jeunes font face à plusieurs défis dans leur engagement dans la lutte contre les Violences Basées sur le Genre : manque de sensibilisation, résistance aux changements culturels, défis de communication, barrière législative, manque de soutien institutionnel, etc. C’est pourquoi lors des 16 jours d’activisme, l’ONG Youth First a lancé #YouthAgainstGBV pour donner un espace de partage où les jeunes peuvent s’exprimer et où leurs engagements seront pris en compte. A travers le Challenge #YouthAgainstGBV, les jeunes ont pu s’exprimer à travers une photo et un message afin de sensibiliser leur entourage à mettre fin aux Violences Basées sur le Genre.

Informer les jeunes pour qu’ils puissent informer à leur tour

Le manque d’information et de connaissance font partis des plus grands défis auxquels les jeunes se heurtent. Violences Basées sur le Genre ou VBG, un terme souvent entendu, mais qui reste encore très flou pour certains. C’est pourquoi, à travers l’Empowering Workshop « Jeunesse contre les VBG #YouthAgainstGBV » octroyé par Youth First dans l’après-midi du mercredi 06 décembre 2023 au Youth Innovation Lab, une dizaine de jeunes ont pu renforcer leur capacité en matière de VBG. Grâce à notre curriculum de formation sur les VBG « Tanora Sahy » développé dans le cadre du programme SAHY, et toujours suivant notre approche « Youth-Friendly », ils ont été introduits au concept de genre, de construction sociale, de stéréotypes liés au genre et ont pu apprendre davantage sur les différentes formes que peuvent prendre les Violences Basées sur le Genre. A travers cet atelier ludique et créatif, les jeunes ont également eu l’occasion d’explorer et de renouveler leur engagement à travers une séance de artwork pendant laquelle ils ont pu explorer leur créativité et matérialiser leur engagement de manière artistique.

« Violences basées sur le genre : agissons maintenant pour ne plus à avoir à agir plus tard »

Tel est le thème de la conférence en ligne organisée par Youth First dans le cadre des 16 jours d’activisme. En collaboration avec des jeunes experts issus de différentes Organisations de la Société Civile engagées dans ce domaine, à savoir RealMen Madagascar, Women Break The Silence et Mouvement Jeunesse et Citoyenneté, cette conférence en ligne, diffusée en direct sur le réseau social Facebook de l’ONG Youth First, a été un espace de dialogue et de partage entre les jeunes, les experts, les activistes, les OSCs et toutes les parties prenantes dans la lutte contre les Violences Basées sur le Genre.

Conférence en ligne 16jd d'activisme - Agissons maintenant pour ne plus avoir à agir plus tard

Conférence en ligne 16j d’activisme – Agissons maintenant pour ne plus avoir à agir plus tard

Les jeunes ont non seulement pu se documenter et acquérir des ressources et des informations nécessaires en matière de VBG notamment sur la portée et les retombées de la loi 2019-008 sur la lutte contre les Violences Basées sur le Genre à Madagascar, mais ils ont également pu s’exprimer et dialoguer directement avec les jeunes intervenants.

#YouthAgainstGBV : pour les 16 jours d’activisme et au-delà

#YouthAgainstGBV ne s’arrête pas seulement en ces 16 jours d’activisme, notre conviction en la force positive de changement des jeunes et entant que pionnier dans cette lutte est immuable. Nous avons cru et nous restons persuader que les jeunes devraient être au centre des efforts visant à éradiquer la violence sexiste et devraient être activement impliqués dans toutes les actions de plaidoyer, de prévention et de réponse aux Violences Basées sur le Genre. A travers cette campagne mondiale des 16 jours d’activisme et à travers notre campagne digitale #YouthAgainstGBV, nous avons été témoin de l’engagement des jeunes dans la lutte contre les Violences Basées sur le Genre et de leur volonté à faire bouger les lignes. Ce qui leur manque c’est un soutien significatif parce qu’il est sans appel qu’il faudra plus d’efforts, plus de subvention et plus investissement pour mettre fin aux Violences Basées sur le Genre à Madagascar.

#YouthAgainstGBV est plus qu’un hashtag, c’est un message d’espoir, mais aussi un appel à tous les acteurs, les donateurs et surtout les bailleurs youth-driven à investir en nous, dans les initiatives de Youth First pour la jeunesse malgache, pour que le #YouthAgainstGBV ne soit plus un souhait mais une réalité.

Empowering Workshop du 06 décembre 2023 sur la jeunesse contre les VBG

Empowering Workshop : « La jeunesse contre les VBG #YouthAgainstGBV »

Le Youth Event du projet MAHARO : une occasion unique pour les jeunes de briller !

Danse traditionnelle des jeunes de la région Tsihombe pour l’ouverture officielle des Youth Events

              Depuis 2011, Youth First s’engage avec passion dans la promotion et l’autonomisation les jeunes, en créant des espaces fédérateurs de la voix de cette jeunesse. En 12 ans, les projets telles que Young Woman Leadership Program, les clubs Mahatsangy, les projet HARY, SIFAKA ou encore le programme SAHY ont renforcé notre expertise dans le développement de la jeunesse malgache. 

Aujourd’hui, cette vision se renforce et Youth First cotinue  dans sa lancée. Youth First s’est engagée depuis 2019 à apporter son expertise dans la promotion de la jeunesse ainsi que l’entrepreneuriat afin que les jeunes contribuent à l’amélioration de la situation dans le Sud de Madagascar, et ce, à travers le programme MAHARO, un programme de sécurité alimentaire initié par CRS Madagascar et financé par l’USAID. Ce projet vise à prévenir et à réduire l’insécurité alimentaire des ménages les plus vulnérables dans la région d’Androy et Atsimo Andrefana, dans le cadre duquel Youth First assurera de mener la stratégie et le travail directement au niveau des jeunes à partir d’opportunités de formation et d’accompagnement personnalisé pour développer leur résilience et leur potentiel.  

Après 5 ans d’engagement, Youth First, aux côtés de partenaires du consortium, se rapproche de la fin de la quatrième année du projet. Notre rôle est de développer les jeunes à travers des activités communautaires innovantes, afin d’accroître leur visibilité pour une transition réussie. 

                      En avril dernier, Youth First a organisé un événement exceptionnel dans le Grand Sud de Madagascar : le Youth Event. Cet événement s’inscrit dans notre stratégie jeunesse, offrant une plateforme d’expression aux jeunes pour influencer les autorités locales et faire entendre leurs réalités et leurs besoins. Cette année, les Youth Events ont eu lieu pour la troisième et dernière fois dans le projet sur 05 différentes communes des Districts d’intervention de Youth First. 

Cette année, le Youth Event avait plusieurs objectifs ambitieux, notamment de promouvoir le leadership des jeunes au niveau communautaire, de leur donner une plateforme pour exprimer leurs besoins et leurs idées, et de les encourager à influencer les autorités locales. L’événement avait en second plan l’objectif de renforcer l’enthousiasme et la motivation des jeunes participants à prendre des actions pour leurs communautés. 

 

Le Youth Event de MAHARO a été organisé dans cinq communes de Tsihombe, Beloha et Ampanihy, où des jeunes entrepreneurs, des jeunes leaders et des jeunes ambassadeurs étaient présents.  

L’agenda du Youth Event a été le même sur les communes et ont tous été riche en activités. Le premier jour a été consacré à l’ouverture de l’évènement et aux activités culturelles représentant l’identité culturelle des jeunes de la région Atsimo Andrefana et la région Androy. L’évènement a rassemblé plus de 3.500 jeunes avec une centaines d’autorités locales et de personnes représentant les institutions intervenant dans ces zones. Le deuxième et le troisième jour ont été dédiés à différentes activités de partage et de réseautage, telles que les stands d’exposition, les showcases des résultats, les formations techniques, les jeux, les témoignages et les partages des expériences des jeunes de par l’intervention de Youth First dans le programme MAHARO.  

Il va s’en dire que l’ambiance a été au rendez-vous et les jeunes ont apprécié la célébration de leurs succès et l’apprentissage qui est venu avec.  

 

Le nombre attendu de bénéficiaires à l’événement a été atteint avec plus de 3 500 jeunes participants dont 1850 jeunes hommes et 1825 jeunes femmes, dont des entrepreneurs, des leaders et des ambassadeurs de jeunesse. La désagrégation des participants a montré une forte représentation des jeunes femmes et une diversité de communautés culturelles.  

Les jeunes participants ont pu profiter de plusieurs activités, telles que les stands d’exposition, les showcases des résultats, les formations techniques, les jeux, les témoignages et les partages des expériences des jeunes à travers les activités de Youth First dans le programme Maharo.  

L’événement a également eu un impact significatif sur chaque commune.  

Pour le district d’Ampanihy Ouest 

Commune  Total des jeunes participants  Homme  Femme 
Itampolo  700  437  263 
 

 

Le jeune Ambassadeur de Youth First dans le projet Maharo partageant son vécu et ses réussites avec émotions à Itampol

Le Youth Event organisé à Itampolo a été une expérience extraordinaire, qui a captivé les esprits et réuni une foule enthousiaste. Les jeunes, véritables protagonistes de cette journée inoubliable, ont démontré une passion et une énergie contagieuses. Avec une participation massive de près de 700 jeunes issus de 22 fokontany, l’événement a vibré au rythme des concours palpitants, où les jeunes ont rivalisé d’intelligence et de talent pour remporter des récompenses exceptionnelles. 

Les sensibilisations aux compétences de vie, dispensées par des intervenants jeunes et inspirants, ont éveillé des étincelles de confiance et d’ambition chez chaque participant. 

Les jeunes ambassadeurs, véritables héros de la journée, ont partagé avec émotion leurs expériences et leurs succès, créant une onde d’admiration et d’inspiration parmi les jeunes présents et les invités de marque. Leur travail acharné et leur dévouement ont été récompensés par des attestations de reconnaissance, scellant ainsi leur statut de véritables modèles de réussite. 

Les jeux et les concours individuels ont également électrisé l’atmosphère, témoignant de l’effort et de la détermination exceptionnels déployés par chaque groupe pour briller. 

Les partenaires dans le cadre du projet MAHARO dont CRS, CDD, V37 & HI et les autorités, témoins privilégiés de cette célébration vibrante, ont exprimé leur profonde appréciation envers les jeunes bâtisseurs de demain, conscients du rôle essentiel qu’ils jouent dans le développement de leur fokontany. 

En somme, cet événement époustouflant a été bien plus qu’une simple rencontre : il a été le catalyseur d’un mouvement de changement positif, propulsant les jeunes vers des horizons prometteurs et inspirant la communauté tout entière. 

Pour le district de Beloha : 

Commune  Total des jeunes participants  Homme  Femme 
Kopoky  500  265  235 
Tranoroa  500  250  250 
Marolinta  500  260   
 

 

Remise de certificats des Jeunes Ambassadeurs de Youth First dans le district de Beloha

                        Dès le début, la présence massive de presque tous les Groupes de Jeunes (GJ) dans nos Fokontany d’intervention a été un véritable spectacle, témoignant de l’engagement et de l’unité des communautés des trois communes. Cette formidable mobilisation a jeté les bases d’une expérience mémorable. 

Les jeunes ont été comblés de bonheur et de fierté en participant aux concours et en remportant de nombreux lots. Leurs visages rayonnaient de satisfaction dans les trois communes, où le sentiment d’accomplissement était palpable. L’atmosphère pendant les concours était empreinte d’une énergie inédite, une fusion d’excitation et de compétition saine qui a transcendé les frontières. 

Un moment d’une grande émotion a été la remise des certificats aux jeunes ambassadeurs et aux jeunes leaders. Les jeunes, mais aussi les autorités locales, exprimaient leur gratitude envers le projet Maharo pour cette reconnaissance bien méritée. Les encouragements et les sensibilisations des autorités locales ont résonné dans les cœurs des jeunes, les incitant à poursuivre leur engagement en faveur d’un développement durable au sein de leurs communautés respectives. C’était une étape importante dans leur parcours et une source de motivation supplémentaire. 

Une dimension particulièrement marquante de ces événements a été la participation des personnes handicapées. Leur présence et leur engagement ont démontré la volonté de construire une société inclusive, où chaque individu trouve sa place et peut contribuer pleinement. C’était une leçon d’inspiration pour tous. 

Les stands des GJ ont été le théâtre de réalisations remarquables. Dans la commune de Marolinta, ils ont utilisé leurs propres ressources pour fabriquer des dalles San plat, témoignant de leur esprit d’initiative et de leur capacité à concrétiser leurs idées. Une véritable démonstration de créativité et de persévérance. 

La vente et l’exposition des produits réalisés par les jeunes bénéficiaires de la formation professionnelle au Centre des jeunes de Beloha ont suscité l’admiration. Les visiteurs ont pu découvrir la richesse des talents et des compétences développés par ces jeunes prometteurs. C’était une opportunité pour eux de montrer leur potentiel et de s’épanouir dans le monde professionnel. 

Enfin, une présentation remarquable a été celle d’un plan d’action d’un GJ de la commune de Kopoky, du fokontany de Kobokara, qui prévoit la construction d’une salle de classe. C’était une démonstration concrète de leur volonté de contribuer activement à l’amélioration des infrastructures éducatives de leur communauté. Une véritable initiative porteuse d’espoir pour les générations futures. 

Ces trois Youth Event du District de Beloha organisé avec l’aide des partenaires dans le cadre du projet MAHARO dont CRS, V37 & HI ont été des moments d’exception, où l’énergie et l’engagement des jeunes ont créé une véritable dynamique de développement. Ils ont marqué les esprits et ont renforcé notre conviction en la capacité de la jeunesse à façonner un avenir prometteur. 

Pour le district de Tsihombe: 

Commune  Total des jeunes participants  Homme  Femme 
Nikoly  350  130  220 
Imongy  685  328  357 
Antaritarika  440  180  260 
 

 

Jeunes leaders et membres des groupes de jeunes inclusifs du district de Tsihombe

Les Youth Events organisés dans le district de Tsihombe ont été un véritable succès! Les trois communes de Nikoly, Antaritarika et Imongy ont toutes été témoins d’une organisation remarquable de l’événement, saluée par les autorités locales. 

Le maintien de la sécurité durant l’événement a été possible grâce à l’implication des polices communales, ce qui a permis à tous les participants de profiter de l’ambiance inédite. Le premier jour a été particulièrement mémorable avec une présentation différente des danses culturelles, des poèmes sur l’importance des lifeskills, des projections de vidéos mettant en avant les jeunes entrepreneurs de la zone Est, ainsi que des animations de danse jusqu’à 3 heures du matin, réunissant jeunes, staff youth et partenaires. 

Les remises de nombreux lots ont suscité diverses émotions chez les participants, mais la participation des personnes en situation d’handicap a été un véritable moment de fierté pour les communes de Nikoly et Antaritarika. 

Des connaissances techniques nouvelles ont également été acquises grâce à la présentation et aux radios crochet des volets Elevage, et les réalisations de chaque groupe de jeunes ont été présentées aux invités et aux autres groupes, créant ainsi une atmosphère de partage et de collaboration. 

La présence de la majorité des Groupes de Jeunes (GJ) dans les Fokontany d’intervention a été un véritable atout pour l’organisation de l’événement, avec un total de 36 GJ sur 36 pour le cas d’Imongy.

Le groupe Baibo Taolanosy d’Imongy nous offre une histoire inspirante et pleine de détermination. Malgré l’absence de soutien financier extérieur, ils ont réussi à concrétiser leur projet en utilisant les cotisations mensuelles de leurs membres. Aujourd’hui, ils possèdent fièrement 26 chèvres, toutes vaccinées, et aspirent à devenir des fournisseurs renommés. Leur réussite est le fruit de leur créativité, de leur solidarité et de leur esprit d’entreprise. Baibo Taolanosy nous enseigne que rien n’est impossible lorsqu’on croit en ses capacités et qu’on s’investit pleinement pour réaliser ses rêves. Leur histoire est une source d’inspiration pour tous les jeunes present lors de l’évènement, leur montrant que la détermination et le travail acharné peuvent ouvrir les portes du succès 

Les partenaires dans le cadre du projet MAHARO dont CRS, V37 & HI ont été d’une aide précieuse, notamment en tant que maîtres de cérémonie, co-organisateurs de jeux divers et conseillers en cas de besoin. 

 

                           En somme, ces Youth Events ont été l’occasion pour les jeunes de montrer leur engagement et leur dynamisme, ainsi que de célébrer leurs réalisations passées et futures. Les jeunes entrepreneurs ont été mis à l’honneur, mais tous les participants ont pu profiter des animations et des échanges enrichissants. Les communes de Nikoly, Antaritarika et Imongy peuvent être fières de l’organisation de cet événement mémorable et porteur d’espoir pour l’avenir. 

Le Youth Event, organisé par l’ONG Youth First, à travers le programme MAHARO est une occasion unique pour les jeunes de briller et de faire entendre leur voix. En participant à cet évènement, ils ont pu non seulement promouvoir leur leadership au niveau communautaire, mais aussi influencer les autorités locales sur les actions à mener pour répondre aux besoins de la jeunesse. Avec le soutien de Youth First et du programme Maharo, les jeunes peuvent faire une réelle différence dans leur communauté et contribuer à un avenir plus prospère pour tous. 

Le Youth Impact Lab devient le Youth Innovation Lab

Initié par l’ONG Youth First et mis en place avec l’appui technique et financier du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Youth innovation Lab (YIL) ouvre officiellement ses portes ce vendredi à Marohoho. Ce lab ambitionne de contribuer à l’amélioration de l’écosystème entrepreneurial vert et bleu en fournissant des outils, technologies, méthodologies et expertises permettant d’aider les jeunes et les acteurs œuvrant dans la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes à identifier, sélectionner, prototyper et soutenir des idées innovantes, et créatrices de valeurs. 

Le soutien du Programme des Nations Unies pour le Développement à la mise en place de ce laboratoire d’innovation entrepreneurial par les jeunes et pour les jeune par le biais du partenariat avec l’ONG Youth First s’aligne à l’initiative de relance économique post Covid-19 qui vise à appuyer  les jeunes entrepreneurs et les TPE/TPI/PME/PMI du secteur informel œuvrant dans l’économie verte et bleue à se relever économiquement, à améliorer leur modèle économique, à accéder au marché en les accompagnant techniquement. 

L’ONG Youth First est une organisation non gouvernementale créée en 2011, célébrant donc son 10eme anniversaire cette année, qui a pour mission de mettre en avant le potentiel des jeunes et la force de leur impact auprès des communautés qui les entourent. Avec sa mission : EMPOWER-EQUIP-ADVOCATE, l’organisation optimise ses plateformes en donnant une opportunité aux jeunes d’amplifier leur voix et de bénéficier d’initiatives à fort impact par les jeunes. 

Le Youth Impact Lab établi par Youth First en 2018 devient ainsi le Youth Innovation Lab (YIL) afin de contribuer à la promotion de l’innovation entrepreneuriale vert et bleu auprès des jeunes. Avec la vision stratégique de Youth First qui est de promouvoir l’autonomisation économique des jeunes, cette initiative s’aligne avec la planification stratégique quinquennale de l’organisation. 

Le Ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Consommation ainsi que le Ministère de la Jeunesse et des Sports ont honoré de leur présence et de leur volonté à appuyer la présente initiative durant la cérémonie d’inauguration qui s’est tenue le 18 Novembre 2022 dernier. Le Youth Innovation Lab a pour objectif de : développer un espace de rencontre entre les acteurs de l’entrepreneuriat vert et bleu à Madagascar, mettre à disposition des jeunes entrepreneurs les informations relatives aux diverses opportunités, accompagner les entreprises des jeunes du secteur vert et bleu à développer et à accélérer leur projet, favoriser le développement de réseau et de partenariat entre divers écosystèmes économiques et de développement dans le pays. Le YIL fournit également un espace de prototypage, un bureau pour le travail individuel, une bibliothèque d’idées, une espace de documentation, un espace de brainstorming et de cocréation ainsi que des ateliers de renforcement de capacité à l’endroit des jeunes. 

                           

Durant le discours d’ouverture du représentant du PNUD, Monsieur Karim Ali Ahmed, durant l’inauguration de ce jour, le Youth Innovation est le premier laboratoire d’innovation établi à Madagascar avec l’appui du PNUD. 

L’inauguration du Youth Innovation Lab est célébrée dans le cadre du Global Entrepreneurship Week (GEW) célébrée du 14 au 20 Novembre 2022 et ralliant les partenaires stratégiques afin de contribuer à la vision stratégique de Youth First.  

         

Pour la semaine du 21 Novembre, des ateliers seront organisés à l’endroit des jeunes et jeunes entrepreneurs pour leur fournir des opportunités de formation et de réseautage avec les professionnels et experts.  

Sommet National des Jeunes : Une génération qui innove

« Tanora.miasa.Hanavao » est la thématique de la célébration du Sommet National des Jeunes de cette année dans le cadre du programme MAHARO, financé par USAID et mis en place par CRS et ses partenaires. Youth First étant l’initiatrice du Sommet, apporte son expertise dans les stratégies d’autonomisation des jeunes dans les zones d’interventions du programme avec un focus sur l’autonomisation économique des jeunes.

Le Sommet National qui est célébré chaque année fait partie des interventions pour atteindre l’objectif du programme, qui est de prévenir et réduire l’insécurité alimentaire dans le Sud. Une intervention qui est axée sur le développement des compétences et des capacités de réseautage des jeunes ainsi que le rôle que la jeunesse joue dans le développement de leur propre région, d’où un thématique global repris pour MAHARO : « Tanora.miasa.Hampandroso ».

Selon la recherche effectuée par Youth First dans le cadre du programme MAHARO en 2020 sur l’évaluation du marché de travail des jeunes dans la région Androy (Youth Labor Market Assessment -YLMA), il a été soulevé que l’activité principale des jeunes est l’agriculture et la pêche (pour les zones côtières), des activités qui se trouvent menacées aujourd’hui par le changement climatique. Les jeunes ont notamment partagé que ces activités sont pratiquées à défaut d’autres opportunités économiques. Par ailleurs, les jeunes aspirent à trouver une activité génératrice de revenue stable pour pouvoir subvenir à leur besoin. D’autre part, ils ont noté qu’ils leurs manquent certaines compétences pour réussir sur le marché du travail.

Le Sommet National des Jeunes de cette année a pour objectif de responsabiliser les jeunes à innover pour un système alimentaire adapté à leurs régions.

Retour sur la première journée du Sommet National des Jeunes

Le premier jour du Sommet a été marqué par l’ouverture officielle de l’évènement par un représentant de la région Anosy, le Directeur des Infrastructures et du Développement, suivi par des jeux d’acclimatations et des présentations culturelles à travers le Carnaval dans la ville de Fort Dauphin.

Nous avons vu la participation des jeunes délégués de diverses régions telles que : Atsimo Andrefana, Androy, Anosy, Vatovavy et Fitovinany. Ce sommet a aussi été organisé avec la collaboration des partenaires suivants : le programme SPICES, ONG Bel Avenir, Blue Ventures, Centre d’Affaire de la région Anosy (CARA), Programme FIOVANA, Humanité et Inclusion, DRJS Anosy et DRJS Androy.

Carnaval d’ouverture du Sommet National des jeunes à Fort Dauphin

Le Sommet de cette année sera mémorable de par une intervention focalisée sur le dialogue intergénérationnel entre les jeunes délégués et les décideurs au niveau local et régional. En préparation à ce dialogue, durant le premier jour les jeunes ont été encouragés à identifier des actions concrètes qu’ils peuvent faire à leurs niveaux, au niveau de leurs ménages, au niveau de leurs communautés et au niveau de la nation. Une question sur la sécurité alimentaire a aussi été identifiée.

A travers une présentation interactive et des scénettes, les jeunes ont exprimé les actions qu’ils veulent et peuvent mettre en place à l’issu du Sommet. Durant les 4 jours, les jeunes auront le temps de raffiner un plan d’action propre à leurs régions.

En général, les actions suivantes ont été identifiées par les jeunes délégués du Sommet :

  • Action au niveau individuel : créer de l’emploi ;
  • Action au niveau du ménage : partage des différentes tâches au sein du ménage ;
  • Action au niveau communauté : partage des capacités et compétences pour développer la communauté ;
  • Action au niveau de la nation : apporter un changement durable selon la devise : « Tanora.mitondra.Fiovana »

En ce qui concerne la sécurité alimentaire, les jeunes ont partagé leurs objectifs d’avoir une alimentation équilibrée et de qualité, qui est l’une des interventions dans le cadre du programme MAHARO.

Il a été soulevé durant les discussions que les jeunes ont pris conscience de l’importance et de la valeur de leur opinion pour un changement tangible.

Restez connecté pour vivre avec nous l’aventure du Sommet National des Jeunes 2022 !

Santé sexuelle et reproductive … Une belle floraison de la co-responsabilisation des garçons et des filles … 

La santé sexuelle et reproductive concerne autant les hommes que les femmes. Quoique… Souvent, les hommes n’y sont pas autant activement impliqués que les femmes. Youth First s’évertue à adresser cette situation en vue de créer un environnement sain, propice au développement des jeunes.  

A travers les Clubs Mahatsangy, structures d’accompagnement par des jeunes pour les jeunes, le Programme SAHY ambitionne de créer un réseau d’agents de changement – en l’occurrence, en termes de Santé Sexuelle et Reproductive.  

C’est en ce sens que s’insèrent des ateliers créatifs dans les activités de ces clubs. Durant ces ateliers, d’une part, les jeunes sont accompagnés dans la fabrication de bracelets SAHY, des bracelets faits de perles en papiers recyclés qui permettent d’effectuer un suivi du cycle menstruel. D’autre part, garçons et filles apprennent également à coudre des serviettes hygiéniques lavables. Ces activités témoignent sans dires de l’aspiration de l’organisation à atteindre une co-responsabilité des garçons et des filles en matière de santé sexuelle et reproductive. Nekeniavo et Roméo, élèves en classe de Seconde au sein du Lycée d’Ivato et membres du Club Mahatsangy, nous livrent leurs ressentis vis-à-vis de ces activités créatives. 

« Je suis intimement convaincue que l’atelier sur le cycle menstruel ainsi que la couture des serviettes hygiéniques lavables sont des impératifs pour les garçons également » affirme Nekeniavo.

Pour Nekeniavo, les garçons doivent autant apprendre à suivre le cycle menstruel et à coudre des serviettes hygiéniques que les filles. Le témoignage de la jeune fille démontre qu’à présent les jeunes se détachent de plus en plus des questions de tabous associés à la Santé sexuelle et reproductive, comme quoi il s’agisse de « trucs de fille ».  

L’enthousiasme sans pareil de Roméo dans l’exécution des activités de l’atelier créatif ne fait que le confirmer. Ayant vu sa personnalité s’épanouir grâce à son appartenance au Club Mahatsangy, Roméo a grandement apprécié ses acquis de ce jour-là :

« J’adore le fait qu’on apprenne autant de choses à travers le club… Nous sommes en ce moment en train d’apprendre à faire un suivi des cycles menstruels en utilisant un bracelet » s’est-il enthousiasmé. « En tant que jeune homme, je crois que cela me serait toujours d’une grande utilité » a-t-il poursuivi.

Pour Roméo, ses acquis lui permettent maintenant de soutenir ses sœurs, ses amies et son éventuelle future petite amie en ce qui concerne la santé sexuelle et reproductive de celles-ci. Vivement que plus de Roméo et de Nekeniavo fleurissent dans cet immense champ de jeunes gens que Youth First envisionne d’autonomiser. 

Portrait d’une Jeune Rédactrice Web – Utiliser Internet de manière positive

Sous l’influence de la prolifération d’internet et grâce à la plus grande accessibilité aux ordinateurs et smartphones, les moyens déployés pour gagner de quoi vivre ont rapidement évolué. De plus en plus de personnes adoptent actuellement des emplois en ligne. Ayant autrefois pris le métier de rédacteur en ligne à la légère, Onintsoa Rakotonirina – une jeune étudiante en développement web et rédactrice web, estime aujourd’hui qu’elle a un travail de rêve et s’en épanouit.  

« Mon métier consiste à rédiger des articles pour des pages web, à promouvoir les services et produits d’entreprises. » 

Depuis l’année 2020, Onintsoa passe ses journées à faire beaucoup de recherches sur une large panoplie de thématiques allant de la mode à la médecine et à s’inspirer de son entourage pour rédiger des articles attirants. Pour elle, ce travail est une aubaine dans le sens où cela lui permet d’acquérir davantage de connaissances générales – ce qui lui procure une pleine satisfaction personnelle tout en lui ouvrant des portes pour le monde de demain et ce, en pouvant compter sur le soutien de ses proches. 

Etant passionnée par le monde du digital, la jeune rédactrice web a choisi le parcours informatique après l’obtention de son diplôme de Baccalauréat et s’est également vue octroyer une formation dirigée par Passion4Humanity sur le développement web. Persévérante, ambitieuse et sérieuse, elle ambitionne de construire un site et d’assurer elle-même la création des contenus de celui-ci. Le travail qu’elle fait aujourd’hui, de par la rémunération qu’elle en reçoit, lui permet de financer ses études et de se prendre en charge financièrement.  

D’après ses dires, la jeune femme s’investit au quotidien à l’application du marketing de contenu tout en assurant de pourvoir de la qualité tant au niveau rédactionnel que relationnel. Ce métier lui sollicite également d’avoir une bonne connaissance du référencement naturel qui consiste à faire usage de différentes techniques et méthodes pour optimiser des sites et améliorer leurs classements dans les moteurs de recherches (Search Engine Optimisation ou SEO) et de mettre en pratique différents CMS « Content Management System » ou systèmes de gestion de contenu. 

L’éventail d’emplois en ligne est large : gestion de réseaux sociaux, design graphique, traduction bilingue, design de site web, assistance virtuelle, création de contenus, etc. Que nous soyons à la recherche d’un emploi ou d’un second-emploi pour nous faire des sous tout en restant chez nous, Internet couve un immense champ d’opportunités qui nous garantit autant une bonne rémunération qu’une grande flexibilité temporelle et spatiale.  

« On peut apprendre beaucoup de choses sur Internet. Même sur Facebook, nous avons plusieurs groupes qui proposent des formations gratuites. Ce sont des opportunités à saisir. » 

Onintsoa Rakotonirina affirme que les réseaux sociaux sont de multi-usages. Pour sa part, Facebook lui permet de trouver des clients (autant que LinkedIn) et de communiquer avec ceux-ci. Toutefois, la jeune rédactrice web préconise de toujours bien se renseigner sur les personnes qui postent les offres avant de postuler ou de fournir quelconques informations dans un formulaire (vérifier l’ancienneté de son compte, son entreprise ainsi que le site de l’entreprise). Il faut également, selon elle, toujours prendre garde à ne rien payer aux recruteurs. 

Oser se lancer et consentir à apprendre pas à pas, c’est par ces conseils lourds de sens que Onintsoa choisit de transmettre aux jeunes dans l’optique de promouvoir une utilisation positive d’internet. Cela rejoint, sans équivoque, le Programme SAHY de l’ONG Youth First qui vise à autonomiser les jeunes afin que ceux-ci saisissent les opportunités du web pour leur développement individuel et le développement de leur communauté tout en prenant toute précaution nécessaire pour contourner les différents pièges d’internet. C’est la raison d’être de Safebook.mg, la page autant que le groupe, sur Facebook. Agissons ensemble pour un Meilleur Internet Pour tous ! 

Mavros by Nikita Corps, quand le rejet de la communauté devient l’essence d’une mission honorable

Suite à une réflexion et analyse en interne, ainsi qu’à l’évaluation du plan stratégique 2015 –2020 de l’organisation, Youth First a mis en place son plan stratégique quinquennal afin de mieux servir les jeunes depuis le début de l’année 2021. Parmi les priorités stratégiques de l’organisation figure ‘’le renforcement des structurations des associations de la jeunesse’’ qui se traduit par l’accompagnement des structures de jeunesse afin de renforcer leur capacités et leur impact au sein de la communauté.  

Dans le cadre du Programme SAHY, l’ONG Youth First soutient six organisations de la jeunesse pour une société civile de la jeunesse florissante, compétente, et apte à participer au développement durable. Mavros by Nikita Corps fait partie des six (06) organisations sélectionnées pour bénéficier d’un accompagnement – ceci, dans le but de renforcer la compétence organisationnelle de la structure mais également d’équiper ses membres de différentes compétences transférables pour répondre au besoin au niveau de leur communauté à travers des solutions et initiatives innovantes.

Jeunes, sportifs et artistes dans la ville de Fort-Dauphin, les Mavros ont été longuement marginalisés et stéréotypés comme étant rebelles, oisifs et sans avenir par leur propre communauté. Pris sous les ailes de Nikita Corps, le clan prend conscience de leur potentiel et décide de devenir une association à but non lucratif pour faire leur preuve et apporter un changement positif par eux-mêmes au sein de cette communauté qui semble n’avoir aucun espoir en eux. 

Actuellement, Mavros œuvre entre autres dans la promotion de la masculinité positive et dans la lutte contre les violences basées sur le genre à travers la sensibilisation, la diffusion de messages positifs par la musique et bien plus encore. Conscients qu’Internet est un vecteur de messages très influent et que les jeunes de leur communauté l’utilisent à tort et à travers – sans prendre conscience des risques y afférents, les Mavros se sont assoiffés d’un renforcement de capacités à ce sujet afin de pouvoir changer la donne. Ceci expliquant cela, ils étaient bel et bien présents à l’Atelier tenu par Youth First à la Résidence Ankerana le 19 au 22 juillet dernier à travers Nikita Corps.  

Nous ne sommes jamais las d’apprendre et de renforcer nos capacités” affirme Ny Aiko, leur leader. “Dans tout son ensemble, sans plus ni moins, cet atelier nous a été incroyablement bénéfique.

Toujours selon les dires du leader, la formation des formateurs sur la Sécurité en Ligne s’avèrera très utile pour la mise en œuvre en bonne et due forme du partenariat avec Youth First. Pour la suite de leur aventure en tant qu’association, le renforcement de capacité organisationnelle permettra à Mavros by Nikita Corps de véritablement être en mesure d’apporter un changement d’approche efficace et efficient dans la réalisation de leurs activités, notamment en termes de mobilisation de ressources et de gestion financière.

Pour la jeune pousse, les partages effectués durant ces quatre jours agiront en elle tel un engrais riche en nutriments et contribueront au changement positif qu’ils ambitionnent de faire germer au sein de leur communauté.

Echo sur le Sommet National des Jeunes

La journée internationale de la jeunesse, célébrée au 12 Août de chaque année, a été initiée par l’ONU en 1999 afin « d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les problèmes de la jeunesse »1. Pour cette année 2021, « Transformer les systèmes alimentaires : l’innovation des jeunes pour la santé humaine et planétaire » est le thème de la célébration – un thème qui rappelle l’importance d’adapter les modes d’alimentation à la crise environnementale. Repenser aux modes d’alimentation revient à s’engager envers la protection et l’utilisation durable des ressources productives et amène à voir et à revoir de près le contexte économique, social et environnemental de chaque pays.   

Masculinité positive : Clé dans la lutte pour l’égalité des genres ?

N’oublions pas que dans la lutte contre les violences basées sur le genre, on lutte aussi contre les violences faites aux hommes. Très peu discuté et très peu mis en avant, les statistiques prouvent que les agressions faites aux hommes sont moins reportées aux autorités locales que les agressions faites aux femmes. Et bien que porter plainte ou demander de l’aide soit un choix personnel, nous dénonçons les stéréotypes imposés par la société comme la raison principale du silence des victimes.

Du fait d’avoir entendu, depuis notre plus jeune âge, des remarques comme : « Un garçon ça ne pleure pas, tais toi », « Tu agis comme une fille », « Ne fait pas ça, tu es un homme ou pas ? », « Femmelette ! » (…) il est normal que beaucoup d’homme préfèrent subir et se taire plutôt que d’entendre les blâmes et les moqueries de leur entourage. Il ne devrait pas être étonnant non plus de voir des hommes violents qui, au fond, ont peur de ne pas satisfaire les standards de la société…

Ces remarques souvent jugées anodines sont aussi la source des stéréotypes liés au genre. Les sentiments et les émotions sont inconsciemment attribués aux femmes et la force et le caractère attribués aux hommes. Pourtant, tous ces points sont des caractéristiques que chaque humain possède, l’intensité de chaque point varie juste en fonction de la personne. Se limiter à ce qu’on nous permet de ressentir et se restreindre à ne faire que ce que les autres estiment que nous pouvons accomplir – est une discrimination qui a trop longtemps existé et est malheureusement devenu « normal ».

Les causes profondes de la violence basée sur le genre sont associées à « des attitudes, des croyances, des normes et des structures qui encouragent ou tolèrent la discrimination fondée sur le sexe et les déséquilibres de pouvoir » CPI, 2015, Directives pour l’intégation d’interventions ciblant la violence basée sur le genre dans l’action humanitaire, p. 9.

Il est temps de briser ce cycle. Normalisons ce qui est normal afin de retirer les barrières qui empêchent le développement et l’épanouissement de chacun. Comme les femmes ont un mouvement féministe, les hommes devraient aussi se battre pour leur droit en imposant la masculinité positive. La lutte est commune, car les discriminations le sont aussi. Pour qu’il y ait égalité de genre, il faut lutter contre toutes les injustices qui créent des intervalles entre les genres. Arrêtons les remarques sexistes et promouvons ensemble l’égalité ; car avant d’être homme ou femme, on s’identifie d’abord en tant qu’humain.